Du crin, des ressorts, de la ouate, du tissu ; une machine à coudre, quelques clous, un maillet, un tire sangle et des mains. La simplicité des matières premières et des outils est ce qui a attiré Eléonore Teyssier d’Orfeuil à exercer le métier de tapissière. Dans son atelier-boutique, elle restaure fauteuils et canapés en fin de vie pour leur redonner toute leur splendeur.

Quelles sont les motivations qui vous ont conduit à choisir le métier de tapissier?

Tout d’abord, je tenais à devenir artisan pour évoluer au quotidien dans un atelier et travailler de mes mains.  J’ai découvert le métier de tapissière via une vidéo sur internet. J’y ai vu une artisane tapissière en train de manipuler des outils et j’ai tout de suite ressenti l’ambiance de son atelier. Elle était en contact direct avec l’objet qu’elle fabriquait. Ses intermédiaires n’étaient autres que ses mains et quelques petits outils, contrairement à un ébéniste qui a besoin de machines volumineuses ; cette simplicité d’exécution m’a attirée.

Que faut-il prendre en compte avant de restaurer un fauteuil ?

Il faut avant tout prendre en compte les attentes du client en termes de résultat esthétique final. Ensuite, avant de s’atteler à la restauration à proprement parler, nous devons considérer le type de fauteuil auquel nous avons à faire et son époque. Ainsi, nous allons déterminer si nous le restaurons de manière traditionnelle, avec du crin et des semonces, ou contemporaine, en utilisant de la mousse et des agrafes.

Eléonore Teyssier d'Orfeuil, Tapissière
Quelle est l’étape de travail que vous appréciez spécifiquement ?

L’étape finale qui consiste à poser le tissu sur le fauteuil est celle que je préfère ; on se projette dans ce que sera l’objet achevé. Cela correspond à l’aboutissement d’une multitude d’étapes qui prend enfin forme sous nos yeux.

La simplicité dans notre savoir-faire se retrouve dans la modestie des moyens utilisés pour l’exercer

Qu’est-ce qui est compliqué dans “l’art de faire simple” dans l’exercice de votre métier ?

Quand on livre un fauteuil à un client, il peut apprécier la beauté de l’objet fini sans prendre conscience de toute la complexité des étapes qu’il nous a fallu appréhender pour arriver à ce résultat. Car restaurer un fauteuil est un processus long qui nécessite de l’expérience et la maîtrise de nombreux gestes.

Comment la simplicité s’exprime-t-elle dans le métier de tapissier ?

La simplicité dans notre savoir-faire se retrouve dans la modestie des moyens utilisés pour l’exercer : nous avons simplement besoin de nos mains et de quelques outils comme le maillet, le ramponneau, le tire crin ou encore le pied de biche. L’unique machine que nous utilisons est la machine à coudre.

Le fauteuil parfait existe-t-il ?

Le fauteuil parfait est celui qui satisfait son propriétaire concernant ses qualités esthétiques et de confortabilité. Pour l’atteindre, il faut être très rigoureux à chaque étape, car elles sont toutes liées. La moindre imperfection à une étape aura des conséquences sur la prochaine. Nous nous devons d’être attentifs et de ne pas avoir peur de reprendre une phase si elle n’a pas été parfaitement exécutée.

Eléonore Teyssier d'Orfeuil, Tapissière

Atelier Chairwood
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